Chicots dans un milieu naturel urbain

La gestion des milieux naturels des municipalités du Québec comporte de nombreux défis, mais également de multiples opportunités de mises en place d’aménagements innovants. La valorisation des arbres morts ou moribonds est un exemple concret d’aménagement qui peut contribuer à maintenir les conditions propices au maintien de la biodiversité dans ces milieux naturels urbains. À titre d’exemple, le paysage du sud québécois est encore marqué par les ravages de l’agrile du frêne.  Comme il est maintenant bien connu, l’infestation d’un frêne par cet insecte exotique conduit à sa mort en quelques années. Il en découle que les gestionnaires des milieux naturels urbains doivent, dans la plupart des cas, gérer ces arbres morts ou moribonds, parfois présents en grand nombre dans un même milieu boisé.

Le premier réflexe pourrait être de les couper au sol et de retirer les branches et les troncs. Cette action peut naturellement répondre à des objectifs de sécurité du public ou d’aspect esthétique, mais «faire le ménage» d’un milieu boisé est peu propice à la biodiversité.  Au minimum, il est possible de transformer un certain nombre des arbres morts ou moribonds, que ce soient des frênes ou des arbres morts appartenant à d’autres espèces d’arbres, en chicots.

Des études démontrent qu’au Québec, les chicots sont utilisés par plus de 90 espèces animales (oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles)[1]. S’ajoute aux espèces fauniques, une multitude d’insectes, de champignons et autres organismes.

Il existe une abondante littérature traitant des chicots et des caractéristiques favorables pour la faune. Parmi ceux-ci le diamètre du tronc est un facteur important. En effet, plus il est important, plus le nombre d’espèces fauniques potentielles qui pourront l’utiliser sera élevé. La hauteur est également un facteur prépondérant, car certaines espèces préfèrent nicher près du sol alors que d’autres se retrouvent en hauteur, bien à l’abri des prédateurs terrestres1.

Chicots en milieu naturel

La conservation des chicots représente de multiples avantages. Non seulement ces structures naturelles contribuent à maintenir en place des conditions propices à une plus grande diversité biologique, mais elles constituent également une belle occasion pour sensibiliser les utilisateurs de ces milieux naturels à l’importance de la biodiversité, fournis des exemples d’aménagement potentiel peu onéreux et favorise l’observation de la faune et la compréhension des liens entre les diverses composantes des milieux naturels.

1 Lang, Y. Perreault, G. et C. Dion, 2015. Conservation des chicots et des arbres sénescents pour la faune – Les chicots, plus de vis qu’il n’y parait. Regroupement QuébecOiseaux, Montréal, 35 pages.