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Milieu humide, zone humide, marais, marécage ou tourbière… Pour le commun des mortels, ces noms réfèrent essentiellement à des réservoirs à maringouins ; des zones insalubres peu fréquentables. Mal aimées, mal comprises et qui, dans le sud du Québec, sont encore parfois perçues comme des freins au développement.

L’importance des milieux humides : une reconnaissance récente

Le 2 février 1971, 18 pays (170 en 2018) signaient une convention internationale qui prône « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides ». La première motivation de cette convention était de protéger des habitats importants pour les oiseaux migrateurs.

Depuis, les rôles des milieux humides et les services qu’ils rendent sont de mieux en mieux étudiés et compris. Entre autres, ils :

  • régulent la circulation de l’eau dans les bassins versants, ce qui limite les crues, et maintient un apport d’eau pendant les périodes sèches
  • favorisent l’alimentation des nappes d’eau souterraines
  • jouent un rôle épurateur sur la qualité de l’eau
  • soutiennent la biodiversité

Certains de ces écosystèmes sont extrêmement productifs (ils produisent beaucoup de biomasse par année).

L’importance des milieux humides pour l’humanité a été reconnue par la communauté internationale, en 2005, dans la publication du Millenial ecosystem assessment.

En 2015, 193 pays ont approuvé les 17 objectifs de développement durable dont l’ambition est de garantir la prospérité, protéger la planète et éradiquer la pauvreté. Pour rencontrer ces objectifs à l’horizon 2030, les milieux humides sont explicitement cités comme étant à conserver pour atteindre :

  • l’objectif 6 (accès à l’eau salubre et à l’assainissement ; cible 6.6)
  • l’objectif 15 (vie terrestre ; cible 15.1)

Parallèlement, au Québec, la réglementation sur les milieux humides (et hydriques) a été renforcée dans le but de ne subir aucune perte nette. Ces écosystèmes sont d’ailleurs les seuls à jouir d’un tel niveau de protection. À ce titre, les Plans régionaux des milieux humides et hydriques représentent une étape très importante pour la reconnaissance et la conservation des zones humides à l’échelle des MRC et des municipalités. Plus récemment, le Programme de restauration et de création de milieux humides et hydriques a été mis en place pour réinvestir les sommes perçues dans le cadre des mesures de compensation (vois ci-dessous).

Protéger, restaurer, créer des milieux humides

Posséder des milieux humides sur son territoire, c’est donc une richesse plus qu’une contrainte. Cependant, leur présence peut représenter des défis en termes d’aménagement du territoire. Lorsque des travaux sont envisagés dans des zones où sont présents des milieux humides, l’approche recommandée est la suivante :

  • éviter totale ou partielle du milieu humide : cela peut demander de l’imagination, de la créativité pour réussir à positionner les divers éléments du projet sans porter atteinte à l’écosystème humide et son fonctionnement
  • parfois cela est impossible : dans ce cas, il est demandé de minimiser cet impact. Encore une fois, un retour à la planche à dessin avec un biologiste expert en écologie des milieux humides permettra d’imaginer des solutions
  • enfin, lorsque le milieu humide est perturbé, le Ministère demande de compenser. Ce qui signifie, in fine, de restaurer ou de créer des milieux humides « équivalents » à ce qui a été détruit. La plupart du temps, cette compensation est réalisée par une contribution monétaire à un fonds destiné à la restauration et la création de milieux humides et hydriques.

Bien sûr, il serait prétentieux de penser que l’on peut créer ou restaurer toutes les caractéristiques d’un milieu humide en termes de composition (espèces présentes), fonctionnement (chaîne trophique, flux de matière et d’énergie) et structure (organisation, agencement des composants de l’écosystème). Ainsi, lorsque l’on travaille sur un tel projet, on se concentre sur quelques cibles particulières; exemples : recréer un marais de X hectares, restaurer un marécage arborescent de Y hectares, créer un habitat propice pour une espèce ciblée.

Si le projet de restauration est bien fait, la nature reprendra à son compte le coup de pouce donné par cette intervention humaine. Ce milieu humide suivra sa propre trajectoire, il acquerra des caractéristiques nouvelles ; sa valeur écologique et son niveau de naturalité augmenteront avec le temps.

Le besoin de nature s’exprime de plus en plus dans la population québécoise. Parallèlement, la demande sociale exige une meilleure protection de la biodiversité. Nul doute qu’avec un bon travail d’accompagnement, vous verrez les zones humides de votre territoire comme de véritables atouts à valoriser !

Vous avez un projet ? Une problématique particulière sur votre territoire ? T2 environnement possède toute l’expertise pour vous accompagner (voir ici la présentation du service)
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